Le parc de Hwangé au Zimbabwe : royaume des éléphants

A l’est du Zimbabwe, le parc naturel de Hwangé (Carte du Parc de Hwangé), créé en 1949, héberge aujourd’hui 35000 éléphants pour une superficie de 14 651 km2 ce qui donne une densité de 2,4 éléphants au kilomètre carré. Autant dire que l’on croise des éléphants à tous les coins de la savane.

Un point d'eau

Lionne haletante dans la chaleur du matin (35°)

Lionne haletante dans la chaleur du matin (35°)

Faune et écosystème

L’éléphant est l’espèce de mammifères la plus représentée.

Mais en sillonnant les pistes du parc, on aperçoit aussi des hyènes, zèbres,girafes, phacochères, buffles, hippopotames, gnous, lions, impalas ou crocodiles. Le parc est une zone semi aride, couverte par une savane arborée. Les sols sont de deux natures suivant la zone : sables proches de ceux du désert du Kalahari, ou sols argileux. Le paysage et la faune rappellent ceux de la Namibie voisine.

Autour du parc, des villages et des champs parsèment la zone tampon de manière extensive et rien ne les sépare du parc lui-même.

Florence Hulot, maître de conférence à l'université Paris-sud, prélève l'eau d'une mare pour en contrôler sa qualité.

Florence Hulot, maître de conférence à l’université Paris-sud, prélève l’eau d’une mare pour en contrôler sa qualité.

Sèche est la savane

Nous étions à Hwangé du 15 au 21 novembre, à l’invitation du CNRS qui y possède une Zone Atelier.

La pluie aurait déjà dû tomber depuis une bonne quinzaine de jours et le retard se faisait lourdement sentir. Les quelques 30 points d’eau naturels du parc étaient à sec, les 35 points d’eau pompés recelaient une eau verte, remplie de cyanobactéries, phytoplancton et autres micro-organismes. Conséquence : les animaux avaient soif (un éléphant boit 50l d’eau par jour) et les plantes aussi. Les averses, rares et localisées, faisaient verdir les mopanes – le mopane est le premier arbre de la savane à faire des feuilles – mais à part ça, les herbivores n’avaient plus grand chose à manger. On croisait des éléphants maigres et de nombreuses carcasses autour des points d’eau… carcasses qui font le bonheur des lions, qui du coup, pullulent.

 

Conflits homme vs éléphants

Chloé Guerbois, du CNRS, et Mr Bitou enquêtent sur les coupables.

Chloé Guerbois, du CNRS, et Mr Bitou mènent l’enquête.

Le nombre important d’éléphants les amène souvent à être en conflit avec les humains.

Les éléphants surveillent les champs autour des villages au bord du parc. Quand les légumes ou les céréales arrivent à maturité, il n’est donc pas rare que des loubards viennent les manger, et bien sûr, les piétiner. C’est ce qui s’est passé dans la nuit de dimanche 18 à lundi 19 novembre dans le village de Dété, où 3 éléphants ont dévoré les légumes du champ communautaire dédié aux indigents du villages.

 

Partager le territoire

Plus facile à dire qu’à faire, se dit-on. C’est pourtant ce qui ressort de la discussion avec Monsieur Bitou, chef de famille et responsable du village, sur les lieux du forfait. Ce petit champ de maraîchage étant arrosé, il était le seul de la zone à receler des légumes murs et inévitablement, il attirait les convoitises. Pendant la saison des pluies, les villageois sont obligés de passer la nuit dans leurs champs pour les surveiller et en chasser les intrus ; malheureusement, personne ne surveillait celui-ci.

 

Chercher ensemble des solutions

C’est ce que fait l’équipe du CNRS avec les villageois afin de mettre au point des solutions durables pour se débarrasser des éléphants, dans un contexte où il est interdit de le chasser (le quota d’éléphants autorisés d’abattage dans le Parc de Hwangé par la CITES est de 500 par an). Les défenses actuelles consistent principalement à agiter et brandir des torches enflammées et en tapant sur des troncs pour les faire fuir. Mais Chloé Guerbois, post-doctorante dans l’équipe d’Hervé Fritz, teste pour la deuxième année, avec des femmes seules (qui ne peuvent pas à la fois cultiver la journée, s’occuper des enfants et veiller la nuit dans leur champ) une défense passive qui consiste à border le champ avec des ruches. Car les éléphants n’aiment pas les abeilles. La solution est séduisante mais son efficacité n’est pas encore démontrée, car il faut aussi s’occuper des abeilles et entretenir les ruches, ce qui ce se fait pas traditionnellement.

Nous consacrerons bientôt un article plus détaillé à ce sujet.

Une ruche installée au bord d'un champ

Les ruches installées au bord d’un champ

Le parc de Hwangé / source : www.afrizim.com

Le parc de Hwangé source : http://www.afrizim.com

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