Coton Biologique

Une agriculture de pointe
Voyages et découvertes
Le secret de la réussite
Le coton de la bonne santé
Ne pas s’endetter
Créer une filière
Le bio ? Un succès

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Une agriculture de pointe

Dans cette vaste région cotonnière du nord ouest du Bénin, où le coton conventionnel représente à la fois le principal revenu et la première source de pollution, lancer la production de coton biologique dans la zone de transition de la réserve de la Pendjari, ressemblait à une gageure…. Et pourtant, ça marche.

Voyages et découvertes

L’idée est née de l’action dans ce domaine d’une ONG suisse, Helvétas, et de la GTZ, une ONG allemande.

Les agriculteurs étaient plutôt sceptiques au départ, et pour les convaincre, des sessions de formation et des voyages d’étude ont été organisées avec le soutien du programme MAB-UNESCO.

Douze cultivateurs du village de Batia se sont finalement lancés dans l’aventure en 2008, en cultivant 2,5 Ha, et cette première année de production cotonnière biologique est, semble-t-il, un véritable succès.

Que du bio : le secret de la réussite

Les cotonniers biologiques ont des obligations : pas de pesticides chimiques, et un engrais biologique fabriqué par compost.

Mais quand on sait que le coton conventionnel nécessite 5 traitements de pesticides par récolte, on ne pouvait que douter de la réussite d’un coton sans pesticide. Pourtant, contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les ravageurs ne se sont pas jetés sur les fleurs de coton pour les dévorer.

Pour faire fuir les insectes, les cotonniers ont utilisé le lait d’une plante locale, le neem, qui s’est avéré très efficace. Et l’absence de pesticides a été compensée par une régulation naturelle des ravageurs, ceux-ci ayant eux-mêmes leurs propres prédateurs. C’est donc un système de lutte biologique qui s’est mis en place.

Pour engraisser les plants de coton, le compost s’est avéré très efficace. Celui-ci est fabriqué directement dans les jardins villageois, et le transport s’effectue par brouette. Du coup, pour éviter de trop longs transports, les champs se sont rapprochés du village lui-même : gain de temps, gain d’énergie.

Mais cela n’a été possible que parce qu’il n’y avait plus aucun risque ni danger de contamination par les pesticides.

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« Le coton de la bonne santé »

Les pesticides utilisés dans le coton conventionnel sont dangereux, au point que les femmes ne sont pas autorisées à travailler dans les champs, et que des suicides ont parfois lieu par ingestion.

Au village de Batia, tout le monde se félicite aujourd’hui des bénéfices du coton biologique sur la santé ; c’est « le coton de la bonne santé », comme l’appellent les femmes de Batia, nombreuses maintenant dans le groupement des cotonniers bios.

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Ne pas s’endetter

Les agriculteurs avaient peur de courir des risques financiers inconsidérés, en se lançant dans la production de coton biologique. La filière cotonnière conventionnelle est solidement implantée, et la vente du coton est en principe garantie à un taux fixe. Mais depuis 2 ans, les cours baissent, et les agriculteurs se sentent floués. Surtout qu’ils doivent obligatoirement s’endetter avant même d’avoir commencé à cultiver. En effet, la culture de coton conventionnel demandant des traitements spécifiques, les agriculteurs sont donc obligés d’acheter à crédit les intrants. Or, avec le coton bio, ils ont tout de suite vu qu’ils ne devraient plus s’endetter.

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Créer une filière

En revanche, la filière cotonnière bio n’existant pas, il fallait donc la créer. Mais créer une filière, en biologique, cela revient à travailler à la labellisation. Car, cultiver biologique ne suffit pas à vendre biologique. En effet, pour vendre bio, il faut séparer les filières bios des filières conventionnelles. Cela signifie, pour commencer, trouver un égreneur qui n’égrène pas de coton conventionnel et qui s’engage à ne pas mélanger les genres ; puis avoir une traçabilité jusqu’à la fabrication de la chemise, voire la vente de celle-ci.

Djafarou Tiomoko, le directeur de la réserve, et Kiansi Yantibossi, un anthropologue qui travaille à la Pendjari, ont aidé l’association des cotonniers à trouver un égreneur qui accepte ces conditions. Finalement, la récolte 2008 a été totalement prévendue, et ensemble, ils cherchent aujourd’hui à faire certifier la filière bio.

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Le bio ? Un succès !

Avec un prix de vente de 230 FCFA au kg, plus les primes pour culture biologique, le coton bio est plus rémunérateur que le coton conventionnel.

A terme, il est souhaitable, pour la protection de la biodiversité de la Pendjari, que tous les cotoculteurs se convertissent au bio, et c’est bien parti ! Ils étaient 12 en 2008, et en 2009, au vu des succès remportés, leur nombre va exploser ; c’est simple : tous les cultivateurs du village veulent aujourd’hui s’y mettre !

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